Syndicat National de la Chasse

Info chasse

 

La gestion "longtemps déficiente" de la SPA mise au jour

Source AFP

 


La Cour des comptes, dans un rapport définitif rendu public mercredi, épingle la gestion "longtemps déficiente" de la Société protectrice des animaux (SPA) et décrit une période où amateurisme et comportements illicites faisaient bon ménage dans l'association.

Dans un document de quelque 150 pages, qui inclut les observations de la SPA à la suite d'un pré-rapport largement éventé dans la presse, la Cour des comptes épluche le fonctionnement de l'association, vieille de cent cinquante ans, pour la période 1993-1999.

Les magistrats y dressent le tableau d'une association gérée sans contrôle interne, dont l'étude de la situation financière des délégations et du siège sur la période visée se révèle délicate, tant la comptabilité apparaît rudimentaire.

Au cour des critiques figure l'ancienne direction et en premier l'ex-présidente de la SPA, Jacqueline Faucher (1987-2000), mise en examen dans deux procédures distinctes.

Mme Faucher et deux autres administrateurs de la SPA, Evelyne Stawiky et Didier Lapostre, ont été mis en examen début juillet pour abus de confiance par le juge parisien Jean-Paul Albert, une semaine avant l'actuel président de la SPA Serge Belais.

Mme Faucher a déjà été mise en examen en mars par un juge de Toulon, qui la soupçonne d'avoir fait travailler à son domicile une salariée de la SPA.

"Le cumul par l'ancienne présidente de ses responsabilités nationales et de celles de présidente de la délégation de Liévin (Nord) avec une influence notable dans les délégations d'Albi et du Var, n'a pas favorisé la mise en ouvre d'une gestion plus professionnelle ni le développement du contrôle interne", pointe la Cour des comptes.

Celle-ci détaille diverses malversations constatées dans plusieurs des délégations, notamment celle du Var, qui "cumule les dysfonctionnements :
Confusion des rôles, absence de rigueur dans la gestion, opacité des relations financières avec différents partenaires, absence patente d'un contrôle par le siège".


COMPORTEMENTS DÉLICTUELS

Autre sujet d'étonnement des magistrats : la gestion et le suivi approximatifs des legs, qui représentent 80 % des ressources de l'association liées à la générosité publique.

Toujours dans le Var, la justice et la Cour des comptes s'intéressent à un legs de 1991 comprenant une propriété à Ollioules et des avoirs financiers, legs assorti d'une condition : la propriété devra être transformée en refuge pour animaux.

Pendant quatre ans, seule l'ancienne présidente de la SPA détient les clés de la propriété, qui sera occupée sans droit ni titre par une famille.

 Jusqu'à ce que la mairie, en 1999, s'oppose officiellement à la construction du refuge.

Outre le relevé non exhaustif de comportements délictuels, la Cour des comptes étend ses critiques "aux modalités de l'action même de la protection animale", mettant en exergue les conditions d'hébergement des animaux "parfois mauvaises voire indignes".

Enfin, la Cour des comptes prend acte des efforts annoncés par le nouveau président de la SPA, Serge Belais, en poste depuis octobre 2000, et préconise l'encadrement de la gestion des délégations. Plusieurs d'entre elles ont déjà été rattachées au siège.

"Le contrôle de la Cour des comptes a beaucoup apporté à la modernisation de
l'association, qu'elle a accélérée. On peut pourtant regretter que deux ans se soient écoulés entre la fin du contrôle et la rédaction des observations de la Cour", a de son côté estimé la SPA.