Syndicat National de la Chasse
Chasse info
Les habitants craignent pour
leur sécurité
Source : Le Journal de Saône et Loire
7 février 2008
Des
sangliers, on en avait un ou deux tous les ans qui passaient, et depuis des
années, nous plantons plus d'oignons de tulipe, parce qu'ils sont dévorés avant
même d'avoir pu donner la moindre feuille. C'est normal, nous sommes près d'une
combe, dans un lotissement créé il y a 25 ans sur le modèle écologique, avec
des coulées vertes pour rejoindre la combe et le plateau. Mais cette année, il
y a de quoi avoir peur...» : rue de la Fontaine-Billenois, sur les hauteurs de
Dijon, dans le quartier de la Montagne-Sainte-
Pour
Marc Voinson, chef du service départemental de la chasse et de la faune sauvage, la présence de sangliers en ville
n'est pas une surprise : « Cet animal a des facultés d'adaptation incroyables.
Il trouve facilement des zones refuge accueillantes pour lui en termes de gîte,
parce que la zone de végétation dense qui borde cette partie de Dijon lui
convient fort bien, en terme de sécurité, parce que ces zones ne sont pas
chassées, et en terme de couvert, parce que nous l'avons constaté sur le
terrain, certains habitants les nourrissent. Cette attitude est à proscrire:
elle les habitue à l'homme, et les pousse à rester dans le secteur. Partout en
France, d'autres grandes villes sont confrontées au même problème ». Pourquoi les
animaux prolifèrent-ils en ce moment dans cette partie de la montagne
Sainte-Anne? « Sur réquisition du préfet, explique Marc Voinson, des battues
administratives de décantonnement (Ndlr: le décantonnement, mené sans arme,
consiste à effrayer les animaux pour les faire fuir et les pousser à
s'installer ailleurs) ont été menées par les lieutenants de louveterie à la
combe à la Serpent, située un peu plus haut. Le travail a été bien fait, et les
sangliers se sont déplacés. Malheureusement, ils ont vite trouvé de nouveaux
sites plus accueillants pour eux: le secteur de la Trouhaude et la combe
Saint-Jospeh. Il ne faut pas oublier que le sanglier n'a pas de prédateur
naturel. Sa population ne peut se réguler que par la chasse. Or, son taux de
reproduction est aussi exceptionnel que son sens de l'opportunisme: il atteint
100 %. C'est-à-dire que si aujourd'hui vous avez 30 sangliers sur la combe, il
y en aura 60 à l'automne. En plus, quand les laies sont bien nourries et les
hivers peu rigoureux, ce qui est le cas cette année, elles peuvent faire trois
portées par an. »
La
seule solution, pour les habitants du quartier de la combe Saint-Joseph, semble
être que la décision d'organiser une battue à tir soit rapidement prise: cette
mesure semble être la seule qui puisse faire baisser une population d'animaux
qui pourrait devenir incontrôlable, et surtout, faire des dégâts bien pires que
ceux qu'elle commet déjà dans les jardins...
Gilles Dupont