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Pourquoi un manifeste du chasseur à l'arc ?

 

Rapporteur: Armand MAMY-RAHAGA

 

 

 

Le manifeste a 3 buts :

 

1) – Le premier but, le but prioritaire c'est gérer l'a priori positif dont dispose le chasseur à l'arc. Non géré, cet a priori ne peut que diminuer avec le temps, par usure. Il s'agit donc d'ETRE CONNU et d'ETRE ACCEPTE par la société (le manifeste ne s'adresse pas aux anti-chasse). Il s'agit en l'occurrence d'exploiter cette sorte de vocation à l'écologie qu'on nous reconnaît spontanément.

 

2) – Le second but (qui est une conséquence du premier) est de profiter de ce capital sympathie dont nous disposons pour recruter ceux de nos concitoyens qui seraient séduits par la pratique de la chasse à l'arc. Pour que la chasse ait un avenir, les chasseurs doivent se recruter en dehors des familles de chasseurs. Nous devons donc recruter dans les familles où la tradition de la chasse est absente. Il s'agira le plus souvent de familles de citadins. Pour cela, le manifeste doit dégager les valeurs que véhicule la chasse à l'arc et qui sont susceptibles d'apporter une alternative positive à la culture des villes, fondée sur la consommation et le stress... Le manifeste doit manifester le côté attrayant de la chasse à l'arc. Le chasseur à l'arc doit pouvoir donner aux jeunes l'envie de faire comme lui.

Le manifeste  doit  aussi  permettre  aux  autres  chasseurs  de  nous reconnaître comme étant " bien de la famille ".

 

3) – La consultation qui a précédé la rédaction du manifeste a crée de vrais remous. Le manifeste a déclenché la prise de conscience que notre image auprès de ceux qui ne chassent pas est une chose qui existe, que nous en ayons conscience ou non, a ceci près que, si nous ne la gérons pas, cela revient à en confier la gestion à nos détracteurs. Là où nous sommes absents, se tiennent et agissent les anti-chasses. En réagissant sur le manifeste, les chasseurs à l'arc en font un outil pour réfléchir à leur image, un outil pour faire évoluer leur image.

A ce titre, le manifeste doit rester évolutif.

 

LE MANIFESTE DU CHASSEUR A L'ARC

 

Le manifeste sera notre outil de communication dans les diverses démarches que nous aurons à faire. Il présente l'avantage, d'être une base de départ commune à partir de laquelle chacun entreprendra son travail d'explication et de commentaire. Voici un exemple succinct de commentaire qui pourra servir de base de départ aux autres commentaires:

 

1 – Parmi tous les modes de chasse à tir, la chasse à l’arc se présente comme une chasse de contact. Avec un arc, on tire prés, très près.

La chasse à l'arc se positionne d'emblée comme un mode de chasse parmi d'autres.

Singularité: la distance de tir: c'est ce qui nous vaut la sympathie des gens. Nous gagnons à le répéter. Chacun peut développer la richesse qu'il y a à être très près de sa bête de chasse.

 

2 - Afin d'obtenir sa distance de tir; le chasseur à l'arc développe au maximum les techniques d'approche et d'affût, ai que la connaissance de la nature.

Conséquence de l'article 1, les techniques de chasse doivent être développées. La notion de connaissance de la nature établit l'interface entre le chasseur (qui connaît la nature) et le non-chasseur (qui connaît lui aussi la nature). Cette interface est un pont entre chasseur et non-chasseur.

 

3 - Afin de réussir ses tirs, le chasseur à l'arc s'entraîne toute l'année au tir.

l'entraînement continuel au tir est aussi un élément déterminant de sympathie. Là aussi, chacun peut développer son idée bonheur à tirer à l'arc.

 

4 - En choisissant l'arc, arme de contact, le chasseur à l'arc désire entrer en osmose avec le monde sauvage.

L'arc et la flèche comme clefs pour entrer dans le monde sauvage, pour en faire partie. Voilà encore un sujet qui tombe à point nommé pour débattre et expliquer, car il ne manquera pas de susciter des questions.

 

5 - La difficile quête du gibier le conduira au cœur de Mère Nature pour qu'il renoue avec ses racines. C'est cela le mythe de Saint-Hubert pour le chasseur à l'arc : la bête poursuivie est le guide, qu'elle soit attrapée ou pas.

Cet article introduit l'idée que nous ne cherchons pas seulement à attraper un animal et que quand celui-ci nous entraîne suite, il nous entraîne dans un monde d'émotions et de découvertes qui est plus important que la mise à mort. C'est pour que, plus la défense du gibier est forte, plus l'acte de chasse est riche. En utilisant l'allégorie de " la Mère Nature ", nous  faisons  entrer  notre  discours  en  phase  avec  la  mentalité  contemporaine  qui  tend à personnifier la terre et à la protéger de la destruction.

 

6 - Il en découle un respect et un amour simples et sincères pour la nature dont le gibier fait partie intégrante.

L’amour et le respect ne sont pas des affirmations gratuites. L'article 5 en démonte bien le mécanisme. Nous aimons et nous respectons la nature et le gibier pour le bonheur et l'authenticité qu'ils nous apportent. L'article 6 affirme, avec la biologie, qu’on ne peut plus dissocier le vivant de l'écosystème.

 

7 - La chasse à l'arc est un sentier où, avec le temps, on s'améliore progressivement en tant qu'homme, en cheminant au sein du monde sauvage.

L'article 7 s'adresse aussi bien au futur chasseur qu'au non-chasseur. Affirmer que la pratique de la chasse à l'arc, avec le temps peut améliorer l'homme, nous sort de l'impasse: chasser juste pour son propre plaisir. Le seul plaisir ne suffit plus ... La société ne comprend pas cela. En revanche, elle comprend et apprécie la volonté d'évoluer vers un mieux. Le chasseur à l'arc ne se pose pas comme un être statique mais comme un être en devenir.

 

8 - Le chasseur à l'arc sait que le respect des autres commence par le respect de soi-même et que l'exigence, qui va avec le respect, s'applique d'abord à soi-même.

L'article 8 prend le contre-pied de cette coutume qu'ont les chasseurs d'être exigeant vis à vis des autres, de les juger et de les désigner comme bouc émissaire, (les autres dont il est question ce sont les autres chasseurs, quelle erreur de stratégie!). "Les Inconnus " ont fait de ce penchant une caricature très juste. Pour en finir avec ce comportement archaïque, le chasseur à l'arc pose qu'il applique d'abord à lui-même l'exigence et le respect. C'est ainsi que la chasse à l'arc peut grandir l'homme.

 

9 - Par acquis de conscience et par humilité, le chasseur à l'arc moderne se fait un devoir d'être au fait de l'évolution du savoir et de  la technologie, pour mieux agir dans le sens d'une relation harmonieuse entre le monde naturel et le monde civilisé.

En se voulant " dans le coup " par rapport à l'évolution du savoir et de la technologie, le chasseur à l'arc se pose comme étant bien de son temps. De plus, il affirme vouloir utiliser ces nouvelles connaissances pour mieux préserver l'environnement… Le chasseur moderne ne doit  pas  seulement  chasser  mais  aussi  se  préoccuper  d'environnement.  Cela enlèvera aux " écolos " le monopole sur celui-ci. En introduisant la notion d'humilité, le chasseur à l'arc moderne rompt avec l'arrogance qu'on prête en général au chasseur. Avoir de l'humilité ne signifie pas " être petit ", bien au contraire. Seuls les " grands " peuvent se permettre d'être humbles. il est bon que le chasseur à l'arc se montre humain et nuancé. Il est temps de rompre avec l'image du " gros bôf ", à l'emporte-pièce et brut de décoffrage.

 

10 – En retournant vers une arme simple, le chasseur à l'arc affiche sa volonté de se remettre en question, de s'interroger sur sa passion afin :

- d'abord d'en identifier la réelle authenticité

- ensuite, de la partager comme un patrimoine avec le restant de la société.

Le non-chasseur identifie notre arme par opposition à l'arme a feu. A l'interface, l'entente avec eux se fait autour de la notion de simplicité, de façon immédiate. Donc, nous affirmons que notre arme est simple pour gérer le capital sympathie. Il faut éviter de dériver ici vers une polémique interne par rapport aux différents types d'arcs.

Identifier l'authenticité de la chasse à l'arc (et non de tel ou tel arc) et la partager avec d'autres, c'est aussi gérer le capital sympathie. L'idée de partage pose le chasseur comme un citoyen parmi les autres et non comme une sorte d'incongruité qu'on montre du doigt.

Parler d' " authenticité " consiste à poser des valeurs face à la consommation. Ce que nous vivons et découvrons en chassant à l'arc, n'est pas un produit de consommation, tout en se trouvant au centre d'un tissu économique. On ne peut pas nous le vendre,    nous le créons nous-mêmes en chassant avec sincérité.

 

11 – Connaissant l'exigence et la dureté de son mode de chasse, le chasseur à l'arc  sait que l'exercice de la chasse à l'arc ne s'adresse pas à tout le monde.

Dire d'emblée que la chasse est ardue permet d'avertir le nouvel arrivant de la réalité de la pratique. Il sait à quoi s 'attendre. Il restera s'il a vraiment le feu sacré. Mais les autres ne doivent pas se sentir infériorisés parce qu'ils ne chassent pas à l'arc. Leur sympathie est le plus grand cadeau qu'ils puissent faire à la chasse à l'arc. Pour nous, la sympathie passe avant le recrutement. Si on inversait les choses, on en arriverait au recrutement à tout prix, ce qui finirait par nuire, à terme, au recrutement lui-même.

 

12 – Le chasseur à l'arc sait aussi que la nature culturelle de la chasse à l'arc concerne et imprègne toute la société.

Il se donne par conséquent pour tâche de contribuer à la réconciliation sociale qui mettra fin

à l'opposition réductrice chasseur non-chasseur et à l'amalgame erroné non-chasseur / anti-chasse. La notion de culture devait être posée. Elle l'est. La culture est le liant de toute société. Poser la chasse comme culturelle, c'est encore gérer le capital sympathie en donnant une place utile au chasseur à l'arc.