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Mamère favori des primaires des Verts pour la présidentielle[13/04/2001] Paris (AFP)
Le député-maire de Bègles Noël Mamère part favori des primaires qui visent à désigner le candidat des Verts pour l'élection présidentielle de 2002, mais il aura comme principal adversaire le député européen Alain Lipietz, un proche de la ministre de l'Environnement Dominique Voynet.
Dominique Voynet, considérée comme la candidate "naturelle" des Verts pour la présidentielle, a en effet préféré ne pas entrer en lice pour se consacrer à partir de l'été à la tâche de secrétaire national des Verts en remplacement de Jean-Luc Bennahmias démissionnaire. Réunis ce week-end, les responsables de son courant Ouverts, qui représente un tiers des membres du parti, ont décidé de maintenir une neutralité dans leurs déclarations publiques. Mais si elle ne soutient pas officiellement M. Lipietz, la ministre de l'Environnement n'a toutefois pas intérêt à ce que celui-ci soit laminé lors de la primaire. En tout état de cause, Noël Mamère va devoir ratisser au-delà des 22% de membres que représente son courant Dynamiques Vertes. L'un de ses principaux arguments réside dans sa capacité à sortir les Verts du "ghetto des 4 %". Il vise en effet un résultat plutôt entre 6 et 8 %, ce que les sondages semblent pour l'instant confirmer.
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M. Mamère, qui a contre lui de ne pas être un "historique" du parti (il n'a adhéré qu'à la fin 1997, à l'inverse de M. Lipietz qui a rejoint les Verts en 1988), a reçu l'appui de Daniel Cohn-Bendit et nombreux sont ceux au-delà de son courant qui semblent prêts à se rallier à lui au nom de l'efficacité. Dans une lettre ouverte adressée au militants Verts, M. Lipietz se montre très critique à l'égard de Noël Mamère. Il "n'est pas encore un "vrai écologiste". Tard venu aux Verts dans sa carrière politique complexe, il a une image droits de l'Homme; ce qui est bien, mais pas de propositions ni de réalisations écologistes attachées à son nom". Il "n'a jamais été capable d'ajuster le rapport autonomie/alliance+" et "personne ne connaît au juste (son) degré d'attachement aux Verts". A défaut d'être choisi, M. Lipietz espère au moins que sa candidature obligera le député-maire de Bègles a "apprendre à donner des gages" en reverdissant son programme. Alors que les délais pour le dépôt des candidatures expire dimanche soir à minuit, trois autres candidats "de témoignage" devraient prendre part à ces primaires: le conseiller régional de Rhône-Alpes Etienne Tête, le conseiller régional d'Ile-de-France Yves Frémion et une jeune étudiante sans mandat de 21 ans, Alice Crété. Si Etienne Tête et Alice Crété son soutenus par des courants, respectivement Verts écolos (environnementaliste) et Autrement les Verts (gauche), M. Frémion se présente à titre individuel, n'ayant pas reçu l'investiture de son courant Maison Verte qui a décidé de ne pas soutenir de candidat. Les 9.878 membres du parti désigneront leur candidat par correspondance lors de deux votes successifs en mai et en juin. Avant le premier tour, les candidats exposeront leurs idées lors de cinq débats thématiques à Lyon, Marseille, Strasbourg, Rennes et Paris.
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La date-butoir du vote du premier tour sera le 14 mai avec un dépouillement le 20 mai. Si un candidat atteignait plus de 50% des votes, sa victoire serait annoncée dans la foulée par le secrétaire national des Verts. Dans le cas contraire, un deuxième tour sera organisé pour départager les deux candidats arrivés en tête au premier tour, avec le 15 juin comme date butoir, et un dépouillement le 20 juin. Un Conseil national interrégional (CNIR), le parlement des Verts, élargi aux suppléants et aux responsables nationaux, députés et ministres, aura lieu les 23 et 24 juin, pour entériner les résultats.
Jospin tente de relancer l'action du gouvernement[12/04/2001] Paris (AFP)
Lionel Jospin, qui tente de relancer l'action de son gouvernement un an avant la présidentielle et les législatives de 2002, a arrêté jeudi quelques mesures concrètes essentiellement dans le domaine social, sans toutefois accéder aux demandes d'une partie de sa majorité.
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Après le séminaire gouvernemental du 31 mars, le Premier ministre a réuni l'ensemble de ses ministres et secrétaires d'Etat pour procéder à des "ajustements" dans trois domaines: "la lutte contre la violence et l'impunité", "la lutte contre les inégalités", et "l'amélioration de la qualité de la vie". M. Jospin s'expliquera mardi soir sur France 2 lors d'une "émission spéciale" prévue de 20H20 à 21H00. Sa dernière intervention télévisée remonte au 19 octobre dernier. Pour se donner des marges financières tout en restant dans les clous budgétaires, il a procédé à "un léger desserrement de la contrainte des dépenses" en décidant d'une hausse de 0,5% en volume (hors inflation). Avec une hypothèse d'inflation de 1,2%, les dépenses devraient augmenter de 1,7%, soit d'environ 30 milliards de francs. Après des municipales où une partie des classes populaires et des jeunes a fait défaut à la gauche, Lionel Jospin a choisi de centrer les mesures sur ces deux catégories: prime pour l'emploi doublée en 2002, doublement de la période de cumul d'un salaire avec un minima social, "programme d'action personnalisée pour un nouveau départ" pour les chômeurs, examen de la situation des bas salaires ...
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Mais ce catalogue ne prévoit ni coup de pouce supplémentaire du SMIC, ni revalorisation des minima sociaux comme le réclamaient les communistes, les Verts et une partie des socialistes. Lionel Jospin ne s'engage pas non plus sur la création d'une allocation d'insertion pour les jeunes en difficulté, en renvoyant cette question à un nouveau plan de lutte contre les exclusions promis pour le mois de mai.
A un moment où l'actualité sociale est dominée par l'annonce de la fermeture des magasins Marks and Spencer et celle de deux usines LU (Danone), il est resté vague sur les moyens de contrôler ces licenciements, même s'il a affirmé sa volonté "d'aller plus loin". Il a évoqué notamment le "renchérissement du coût des licenciements pour les entreprises qui font des profits". Autre volet privilégié par le gouvernement: la lutte contre l'insécurité. Là, pas d'innovation si ce n'est une plus grande association des maires à la définition et au suivi de la politique de lutte contre la violence. Après les municipales, le président Jacques Chirac avait insisté de nouveau sur la nécessité d'une plus grande coopération entre l'Etat et les maires dans ce domaine. Durant toute la campagne, l'insécurité avait été un des thèmes de prédilection de la droite qui plaidait notamment pour la création de polices municipales. De la généralisation de la police de proximité à l'accroissement du nombre des centres de placement immédiat et d'éducation renforcée en passant par une meilleure coordination police/justice, le gouvernement a fait le choix de la continuité. Il a enfin affiché sa volonté d'améliorer le cadre de vie des Français, pour tenir compte de la poussée du vote écologiste, particulièrement dans les grandes villes. Au menu: lutte contre le bruit, amélioration de la qualité de l'air, éradication des logements insalubres. En revanche, pour cause d'embouteillage parlementaire, le projet de loi sur l'eau de Dominique Voynet (Environnement) ne sera présenté aux députés qu'à la prochaine session.
AbbevilleJospin : c'est la faute aux chasseurs...Les socialistes s'en doutaient, les chasseurs le confirment. Et tous, bien sûr, ont intérêt à le faire savoir. Lundi, à Abbeville, lors de sa visite aux habitants sinistrés par les inondations, Lionel Jospin serait tombé dans une sorte de guet-apens monté par les militants de CPNT (Chasse, pêche, nature et traditions). « Mais aussi, comment peut-on aller dans le fief de CPNT en pensant que cela ira pour le mieux dans le meilleur des mondes ? » se demande faussement innocemment un responsable du mouvement. L'accueil mouvementé réservé au Premier ministre a été « légèrement organisé et n'avait pas uniquement à voir avec l'eau », poursuit-il. Lundi dernier, le chef du gouvernement s'est rendu au coeur d'un département, la Somme, qui n'a jamais supporté sa loi sur la chasse. C'est là que trois semaines plus tôt deux conseillers généraux CPNT, sur les cinq que compte le parti dans tout le pays, ont été élus. En 1999, la liste européenne des chasseurs y avait obtenu 26,6 % des voix. Et, l'année dernière, Vincent Peillon, député socialiste de la circonscription voisine, avait dû être évacué en hélicoptère pour échapper à la vindicte des chasseurs. Dès qu'ils ont eu connaissance de la visite du Premier ministre, les chasseurs auraient vite décidé de monter un bon coup médiatique à ses dépens en profitant du désarroi des populations inondées, à l'instar des agriculteurs le recevant avec des oeufs au Salon de l'agriculture. Chez les chasseurs, comme chez les socialistes, on ne comprend toujours pas pourquoi ce quartier sensible a été choisi alors que, à quelques kilomètres de là, la visite se serait déroulée dans le calme. Au PS et à Matignon (que l'hypothèse d'un guet-apens ne peut qu'arranger), on affirme aujourd'hui : « On ne pouvait pas faire plus dangereux, c'était un cul-de-sac inondé. Le lynchage aurait été facile »...
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